L’affaire des viols dans les prisons iraniennes prend une tournure particulière. Karroubi, l’auteur de la rumeur, s’est insurgé contre une mauvaise lecture de sa lettre qui ne contenait pas selon lui une accusation mais une demande d’enquête pour faire taire les médisances fabriquées par des ennemis. C’est bien ce qui était écrit dans sa lettre, mais c’est la première fois que l’auteur se focalise sur une tournure de prudence pour clore une polémique qui est devenue dangereuse pour le régime.
Il y a 10 jours, au début du procès des contestataires, les médias du monde entier avaient pris en pleine figure la révélation de viols à l’encontre des manifestants arrêtés pendant le soulèvement de juin dernier. La révélation émanait de Karroubi, un membre à vie du Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime, l’organe plénipotentiaire qui décide l’ensemble des politiques iraniennes dans tous les domaines. Si Karroubi avait agi en dehors de ce gouvernement de l’ombre, il aurait été immédiatement radié, ce qui n’a pas été le cas. La révélation était donc parfaitement orchestrée, diffusée à un moment jugé propice.
L’objectif de cette révélation effrayante était de provoquer une réaction de solidarité avec les contestataires exposés à ces sévices. Si les Occidentaux avaient agi en ce sens, ils auraient cautionné la contestation et privé le président élu, interlocuteur de la communauté internationale dans la crise nucléaire, de toute légitimité. Ainsi les Occidentaux auraient de facto rendu sans valeur leurs futures négociations avec lui pour plus la plus grande joie des mollahs qui dirigent le pays au sein du discret Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime.
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