Les mains accrochées au volant de sa petite Pride - voiture de fabrication coréenne -, le visage encadré par un foulard de rigueur, Fariba Pajooh ne comptait jamais les heures, ni les kilomètres
parcourus. Au coeur du labyrinthe miné de la République islamique, elle zigzaguait du matin au soir entre les interdits. «Ma plume, c'est mon totem.
C'est ce qu'il y a de plus doux entre mes mains», écrivait-elle, cet été, sur son blog, baptisé « Après la pluie», quelques jours après la réélection contestée d'Ahmadinejad , le
12 juin, élément déclencheur d'une vague de protestation sans précédent dans l'histoire de la République islamique.
Malgré la censure et le filtrage renforcé de l'Internet , elle avait osé y évoquer les viols de jeunes manifestants ou la fermeture imposée du syndicat des journalistes. Aujourd'hui, la jeune
journaliste en paye le prix fort. Incarcérée depuis près de deux mois dans la tristement célèbre prison d'Evine, elle est condamnée au silence. Dans sa cellule aux murs épais, elle attend son
jugement, dont elle ignore les tenants et les aboutissants.
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